Du curcuma pour mon cheval ?

Veronqiue chouteau curcuma cheval chien20 décembre 2021

Les propriétaires de chevaux que je rencontre sont souvent surpris que mes préconisations incluent le curcuma.

C’est pourtant une alternative phytologique antiinflammatoire qui donne d’excellents résultats sans effets délétères. Bien entendu cela doit s’intégrer dans une approche globale de la problématique de l’équidé.

Faisons donc un point sur ce rhizome aux vertus multiples et fort efficaces et ce notamment grâce à un de ses principes actifs : la curcumine.

Connu depuis des millénaires, principalement en Asie, le curcuma est utilisé à la fois en cuisine comme épice mais également en tant que plante médicinale.

Originaire d’Inde, la plante ne supporte pas le gel et doit être cultivée dans un climat tropical. Le rhizome est la partie utilisée en phytologie.

Le rhizome contient :

  • des polyphénols (curcuminoïdes : curcumine, monodesmethoxycurcumine et bidesméthoxycurcumine),
  • ainsi que d’autres substances chimiques comme des huiles essentielles (surtout sesquiterpènes) notamment.

Ces composés ont révélé des propriétés :

  • Antioxydantes,
  • Antiinflammatoires (articulaires entre autres),
  • détoxiquantes, hépato-protectrices,
  • Protectrices au niveau gastrointestinal (notamment sur les ulcères),
  • Antimicrobiennes, antifongiques et antiinfectieuses.

Même si l’usage est plus répandu de fait dans l’alimentation humaine et en supplémentation, il est de plus en plus utilisé chez le cheval (ainsi que chez le chien également voire le chat) en complémentation. De nombreuses études sortent confirmant ses effets positifs en soutien dans différentes situations (voir plus bas).

Nous sommes nombreux à vouloir aider notre cheval à surmonter certains de ses soucis de santé, tels que les boiteries, en réduisant voire éliminant le recours aux médicaments chimiques (quand c’est possible).

Dans une approche globale, incluant l’alimentation, la phytologie (l’usage des plantes) est d’une aide remarquable lorsqu’on choisit la bonne plante ou la bonne synergie. Et le curcuma (la curcumine devrais-je dire) y a une place de choix.

Dans quelles situations pourrait-on avoir recours à la curcumine ?

 Boiteries liées à un souci articulaire, tendineux, de pied, …

Le curcuma et la curcumine ont principalement un impact sur le tube digestif, ce qui est fort intéressant lorsque l’on suspecte une hyperperméabilité intestinale. Celle-ci va occasionner le passage de toxines : les lipopolysaccharides « LPS » également appelées endotoxines. Ces LPS sont un composant essentiel de la paroi des membranes des bactéries à gram – et sont extrêmement toxiques https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31741800/ . Ce passage de toxines dans la circulation va déclencher une inflammation qui peut toucher tout le corps et avoir un impact sur les articulations, les poumons, la réponse immunitaire, les yeux, les tendons, les sabots, les tendons et même entretenir voire aggraver le syndrome métabolique.

Ainsi en améliorant l’intestin, on donnera au corps la capacité de retrouver un équilibre physiologique. Le curcuma/la curcumine va aider à la restauration des jonctions serrées, dont la mise à mal pour diverses raisons (voir ici pour plus d’informations), sont impliquées dans les phénomènes d’hyperperméabilité intestinale (leaky gut). Je vous renvoie à un de mes précédents articles (http://www.equivitae.fr/actualites/pourquoi-garder-un-intestin-sain/)

La curcumine, principe actif du curcuma, sera utilisée dans les complémentations. Tous les produits proposés n’ont pas la même concentration en principe actif, et ne seront pas non plus toujours présentés sous la même forme. Le dosage sera adapté en fonction des besoins, plus élevé sur les problématiques aigues, mais sera également fonction de la synergie de plantes qui seront mises en œuvre conjointement.

Je n’utilise pas de produits contenant du poivre noir qui est réputé améliorer l’absorption du curcuma (ralentissement de sa dégradation) car il est un irritant de l’intestin, donc délétère au final. L’association avec d’autres plantes donnent de bons résultats et je préfère donc une synergie adaptée.

Par contre curcuma et curcumine étant tous deux liposolubles, idéalement je les fais intégrer à un repas contenant un peu de matières grasses (huile, lin, …).

Le curcuma ou la curcumine peuvent donc être très efficaces chez le cheval lorsqu’ils sont correctement utilisés. L’important sera de bien définir la problématique de votre cheval et de mettre en place de manière globale les changements nécessaires à l’amélioration de son état, la curcumine pouvant être un élément important de cette prise en charge.

Celle-ci n’entrave pas les traitements prescrits par ailleurs par votre vétérinaire.